« La caméra au point, je me sentais invincible -- comme si rien au monde ne n'était impossible », affirme Skye Smith, une Zimbabwéenne de 18 ans qui a participé à un stage de Global Girl. Grâce à une subvention du consulat des États-Unis à Johannesburg, GlobalGirl Media a décollé à Soweto, en Afrique du Sud, à temps pour la Coupe mondiale de football de 2010. Deux autres cofondatrices, Amie Williams et Meena Nanji, ont sélectionné 20 jeunes filles de Soweto et 10 de Los Angeles qui ont formé la première promotion de GlobalGirl.
« Il s'agissait tout bonnement d'un groupe de cinéastes et de journalistes qui estimaient que la voix des femmes et celle des filles ne se faisaient pas entendre dans les médias du monde », explique Therese Steiner. Pour remédier à cet état de fait, le groupe de femmes a établi GlobalGirl Academy pour enseigner aux jeunes filles les techniques du journalisme, les compétences mentales qu'exige ce métier et le leadership nécessaire.
Au cours d'un stage de formation de dix jours, les jeunes apprennent ainsi à repérer les événements qui présentent un intérêt journalistique et à les couvrir. Du b.a.-ba des techniques d'interview au fonctionnement des caméras, les séances donnent aux jeunes filles les compétences techniques et les connaissances voulues pour qu'elles puissent trouver leur style. « Le but, c'est de les amener à faire des reportages sur des questions qui les intéressent, de leur point de vue », résume Therese Steiner.
En outre, ce programme met les jeunes en contact régulier avec des journalistes professionnels du monde de la radio, de la presse écrite, de la télévision et du Web. Par le biais de visites de sites et d'entretiens, ajoute-t-elle, les jeunes filles se font une idée de ce qu'est le journalisme, et elles trouvent aussi une source d'inspiration. GlobalGirl « m'a ouvert la porte à toutes sortes de possibilités », se réjouit Boithumelo Kgonyane, qui a participé au programme de Soweto.
GlobalGirl vient d'ouvrir un autre bureau régional, au Maroc celui-là. Les sujets que couvrent les jeunes filles reflètent leurs perspectives et leurs préoccupations régionales. En Afrique du Sud, les jeunes journalistes s'intéressaient au VIH/sida et à la violence sexospécifique, par exemple. Au Maroc, elles suivaient les élections nationales et les protestations pour la réforme d'une loi discriminatoire envers les femmes en matière de mariage. À Los Angeles, elles examinaient la question du travail des journaliers et de la grossesse des adolescentes. Ces deux dernières années, GlobalGirl a formé plus de 80 journalistes, dont dix, dans la promotion 2011 de Soweto, séropositives au VIH.
Tumi Mosadi, directrice de projet au bureau de Soweto, a fait ses premières armes à GlobalGirl en qualité de bénévole. Elle explique qu'elle s'est associée à ce programme quand elle a vu son effet sur les jeunes filles : il fait d'elles « des jeunes femmes qui ont des compétences, qui ont un avenir, qui ont de l'espoir, qui ont une voix », affirme-t-elle. GlobalGirl compte ouvrir un bureau à Chicago et dans le quartier est de Londres d'ici à la fin de l'année 2012. L'association, qui espère bien créer un réseau mondial de femmes engagées, veut en ouvrir d'autres au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Russie et en Inde.
Par Mary-Katherine Ream
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