Les nombreux cas de mariages et grossesses précoces constituent une préoccupation majeure dans la région de Tambacounda. Il en est de même des viols et harcèlements sexuels, entres autres violences commises généralement sur les femmes. C'est pour appuyer les couches vulnérables, souvent victimes d'actes répréhensibles, que le Comité de lutte contre les violences faites aux femmes (Clvf) de Tambacounda s'investit dans la sensibilisation, surtout dans les écoles, parce que « beaucoup de cas de violence sont l'oeuvre des enseignants », souligne Oumou Sakho, la présidente du Clvf de Tamba.
Selon elle, si cette structure a décidé d'intervenir en milieu scolaire, « c'est pour former des enseignants sur les droits humains. A eux de faire, ensuite, la restitution aux élèves relais choisis dans chaque établissement ». La première phase du projet de sensibilisation des élèves et professeurs sur les violences faites aux femmes à Tamba a été sanctionnée par un forum. Pour la deuxième phase, 40 enseignants sont ciblés. Pour Oumou Sakho, il est question, à travers cette activité, de voir les différentes formes de violence dont sont victimes les élèves dans leur entourage. Grâce à cette sensibilisation, « les élèves, qui ont été formés, ont commencé à dénoncer les cas de violences constatées dans leur environnement immédiat », déclare la présidente du Clvf de Tamba, qui fait savoir que la gestion des cas de viol leur pose énormément de soucis. Selon elle, au-delà du suivi médical, les filles victimes de viol ont besoin de suivi psychologique. Alors que « nous n'avons pas de moyens pour le faire », regrette-t-elle. Mais, le problème le plus délicat, pour les victimes de viol, demeure la délivrance des certificats médicaux. « Nous recevons souvent des filles qui sont dans des familles démunies. Des fois, on nous demande 10.000 F Cfa ou 15.000 F Cfa pour un certificat médical. Quand nous sommes dans des situations pareilles, nous sommes obligées de voir comment payer avec les maigres moyens dont nous disposons », confie Oumou Sakho.
Pour une meilleure prise en charge des violences à l'endroit des femmes dans la région de Tamba, il est envisagé l'ouverture d'un centre d'écoute, afin de permettre à toutes les victimes de violences, quelles que soient leurs natures, de pouvoir les exposer, pour qu'une solution puisse être trouvée à temps. « Nous avons identifié un local. Les travaux de réhabilitation sont en cours », révèle la présidente du Clvf de Tambacounda, précisant que différentes activités vont se dérouler dans ledit centre, pour éviter la stigmatisation des femmes qui viendront partager les violences auxquelles elles font face au quotidien. La convivialité est un autre élément fondamental à respecter, tient à faire remarquer Oumou Sakho.
Par Maïmouna GUEYE










