Tour à tour, les jeunes, l'église catholique, les communautés protestante et musulmane ainsi que les chefs coutumiers ont déclaré publiquement, au nom des 25 villages du Plateau Central, l'abandon de la pratique de l'excision.
Selon ces derniers, il n'est dit ou écrit nulle part, ni dans la Bible ni dans le Coran, qu'il faut exciser la fille. Les chefs coutumiers reconnaissent que la pratique de l'excision est néfaste car aucun ancêtre ne l'a instituée comme coutume obligatoire. Ils ont ensuite enterré un vieux couteau d'une ancienne exciseuse qui a juré de ne plus faire cette mauvaise pratique.
Les différents intervenants, à savoir le premier adjoint au maire de Ziniaré, représentant le maire, la représentante de la présidente du Groupe d'appui en santé, communication et développement (GASCODE), le représentant résident de l'UNICEF au Burkina Faso, le ministre de l'Action sociale et de la Solidarité nationale, Clémence Traoré/Somé ont, condamné la pratique de l'excision.
Pour ces derniers, cette pratique va contre les droits de l'homme, de la femme et de l'enfant. Tous ont reconnu à sa juste valeur l'engagement de l'Etat burkinabè à combattre cette mauvaise pratique. Pour le représentant de l'UNICEF, le Burkina fait partie des pays sérieux qui se sont engagés dans le combat contre cette pratique.
La représentante de la présidente du GASCODE, a laissé entendre que le Plateau Central vient en 2e position au Burkina avec 62,63% des filles excisées après le Nord qui est à 63,08% contre un taux national de 49%.
Prenant la parole à son tour, Chantal Compaoré a commencé par féliciter les communautés des 25 villages de la région du Plateau Central pour leur décision publique d'abandonner la pratique de l'excision. Pour elle, la région constitue une zone de haute prévalence d'où son accord pour présider cette cérémonie.
Elle a souligné que la promotion de l'abandon de la pratique de l'excision engagée par les autorités burkinabè vise à assurer aux femmes et aux petites filles une meilleure santé.
La Première Dame a aussi invité solennellement les villages à traduire leur résolution en actions concrètes et visibles. Elle a félicité le GASCODE pour le bilan obtenu et a salué leur démarche qui privilégie des techniques communautaires participatives novatrices.
Elle n'a pas omis de remercier les partenaires techniques et financiers notamment l'UNICEF qui a appuyé, depuis 2009, le processus ayant conduit à la déclaration publique d'abandon de la pratique de l'excision ainsi que l'UNFPA, le CNLPE, les services techniques et administratifs de la région.
Elle a terminé son discours en lançant un pressant appel aux femmes et aux hommes qui continuent de pratiquer l'excision à y mettre définitivement fin.
La cérémonie a connu une grande mobilisation avec la présence de l'épouse du Premier ministre, Christiane Tiao, celle du président de la Cour constitutionnelle, etc.
Par Jean-Pierre Ouedraogo
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