Washington — Les États-Unis sont déterminés à réduire la violence basée sur le genre dans les zones de conflit à travers le monde. Dans le souci de venir en aide aux femmes et aux filles qui sont agressées pendant des conflits, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) s'emploie à former des agents de santé communautaires pour qu'ils puissent réagir rapidement.
« Il est important que les survivantes reçoivent des soins dans les 72 heures qui suivent une attaque », déclare Courtney Blake, une spécialiste de ces questions à l'USAID.
Cela fait des années que des efforts sont déployés face à la violence liée au genre dans les zones touchées par des catastrophes - l'USAID soutient des programmes dans ce domaine depuis 2006 - et l'initiative Safe from the Start (Sains et saufs dès le départ) que le secrétaire d'État John Kerry a annoncée en septembre 2013 leur a donné une nouvelle impulsion. Les femmes et les filles doivent être protégées contre les agressions sexuelles et autres formes de violence, insiste le secrétaire d'État. C'est d'ailleurs le message qu'il a réitéré lors du Sommet mondial pour mettre fin aux violencex sexuelles en période de conflit, qui s'est tenu en juin 2014 à Londres.
Dotée à l'origine d'une enveloppe de 10 millions de dollars, l'initiative Safe from the Start permet au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, au Comité international de la Croix-Rouge et à d'autres organisations humanitaires de recruter du personnel spécialisé et d'élaborer des programmes et des méthodes à même de protéger les femmes et les filles. « En République démocratique du Congo, l'un de nos partenaires a deux équipes d'experts qui sont en mesure de réagir rapidement quand un conflit éclate et que des habitants sont obligés de quitter leur foyer et leur collectivité », fait observer Courtney Blake. Ces experts prodiguent immédiatement des soins médicaux et des services de soutien psychologique et conseils aux personnes qui survivent à des actes de violence ou à de mauvais traitements.
Ces personnes bénéficient d'un soutien psychosocial, y compris dans le cadre de séances individuelles ou en groupes, ainsi que de contraceptifs d'urgence et d'un traitement contre le VIH, le cas échéant. Les enfants ont accès à des séances d'art-thérapie, et ils peuvent aussi participer à des sports et à des activités ludiques, précise la spécialiste de l'USAID.
Pour améliorer la sécurité dans les camps de réfugiés, ajoute-t-elle, « des moyens simples, comme le choix de l'emplacement des installations sanitaires ou des points de distribution d'eau, peuvent vraiment faire une différence pour les femmes et les filles ». Il y a lieu, par exemple, de concevoir les camps de façon à ce que les femmes et les filles ne soient pas obligées de quitter des lieux sécurisés pour aller chercher de l'eau ou du bois de chauffe et qu'elles ne soient pas obligées non plus d'utiliser des installations sanitaires construites à proximité de celles qui sont réservées aux hommes.
En Syrie, les femmes déplacées éprouvaient de la gêne à se rendre dans des toilettes publiques, étant habituées à un certain respect de leur intimité. Des partenaires de l'USAID ont donc construit un centre polyvalent où les toilettes sont installées là où les femmes vont laver leur linge. S'ils ne sont pas directement liés à la prévention de la violence contre les femmes, les petits ajustements de cette nature donnent cependant aux femmes et aux filles les moyens de conserver leur dignité, souligne Courtney Blake.
« Même dans des circonstances difficiles et malgré la complexité de ces questions, affirme-t-elle, on peut améliorer la situation. »
Source:fr.allafrica.com
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