« Il se trouve à Bujumbura avec son épouse et ses deux filles. Il n'est pas exclu qu'il vienne en Belgique », a déclaré le vice-Premier ministre belge Didier Reynders en charge des Affaires étrangères.
« Nous sommes très affectés par son départ brusque et nous avons espoir que les autorités vont s'impliquer pour son retour rapide en lui garantissant la sécurité, c'est ça notre prière », s'est désolé devant la presse mardi 30 octobre le chargé de communication de l'hôpital Panzi qui reçoit 3.000 femmes, Ephrem Bisimwa.
« Il n'y a pas de problème parce que l'administration est bonne. Nous avons beaucoup de gynécologues ici qui assurent la continuité. Mais, tout le personnel souhaite que la sécurité de sa famille soit garantie afin qu'il rentre à son lieu de travail », a-t-il ajouté.
Dans le milieu des femmes victimes des violences sexuelles qu'il soignait avec abnégation et amour, les personnes vulnérables qu'il « soignait gratuitement et qui ont besoin de lui » regrettent le départ de celui qui était considéré comme « plus qu'un parent » pour les uns, un « sauveur de plusieurs vies humaines » dont le départ est une « grande perte ».
Bruxelles va « suivre de près l'enquête »
Vendredi 26 octobre, le vice-Premier ministre belge Didier Reynders a appelé «les autorités congolaises à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer la sécurité du Dr Mukwege, afin de présenter rapidement les auteurs de cette attaque à la justice », 24 heures après la tentative d'assassinat du célèbre gynécologue congolais.
« Il a quitté l'Est (de la RDC) et se trouve à Bujumbura avec son épouse et ses deux filles. Il est en compagnie de notre ambassadeur » au Burundi, Jozef Smets), a-t-il indiqué dimanche 28 octobre à l'agence Belga après une conversation téléphonique en matinée avec le célèbre gynécologue congolais. Il a assuré que l'ambassade de Belgique en RDC va « suivre de près l'enquête ».
« Suite à l'attaque dont ont été victimes le Dr Mukwege +à peine de retour d'un voyage en Belgique, alors qu'il rentrait chez lui en plein centre de Bukavu+ et sa famille, j'adresse à celui-ci toute ma sympathie et tout mon soutien (...). Cette attaque est d'autant plus révoltante au regard du travail que le Dr Mukegwe accomplit pour le bien de la communauté. C'est notamment grâce à ses efforts que la violence sexuelle criminelle à l'égard des femmes dans la région du Kivu, et l'insupportable souffrance qu'elle cause, a été portée à l'attention de la communauté internationale », a-t-il déclaré dans un message pathétique.
« Son action l'a d'ailleurs conduit à être lauréat du Prix Roi Baudouin pour le développement en 2011 et à être cité pour le Prix Nobel de la Paix. Ce lundi (22 octobre), je participais encore à la soirée en son honneur à Bruxelles », a-t-il rappelé.
Dans la foulée, il a appelé « les autorités congolaises à faire tout ce qui est en leur pouvoir afin d'assurer la sécurité du Dr Mukwege, de rapidement présenter les auteurs de cette attaque à la justice, et de ne pas fermer les yeux face à l'indicible souffrance de la population ».
Selon une source proche de la famille, « le docteur et sa famille ont été escortés jusqu'à l'aéroport de Kavumu par des Casques bleus de la Monusco. Ils ont été évacués pour des raisons de sécurité », a confié une source proche de la famille.
« Le soir de l'attaque, les assaillants, au nombre de quatre, se sont présentés à la sentinelle de la résidence comme des invités du docteur. Une fois dans la maison, armes en main, ils ont demandé aux enfants de ne pas crier. Le docteur Mukwege qui s'apprêtait à entrer dans sa voiture par la porte de la cuisine s'est retrouvé nez à nez avec un autre assaillant qui lui a ravi la clé de contact du véhicule. A la vue de la scène, la sentinelle a accouru, criant pour alerter les voisins.
Un des bandits, qui était au salon, en est sorti et a tiré sur la sentinelle qui est morte sur place. Entre-temps, le médecin est rentré dans la maison, échappant aux coups de feu tirés dans sa direction. Les assaillants ont ensuite pris la fuite emportant la 4×4 du Dr Mukwege, retrouvée le lendemain dans la matinée », rappelle Radio Okapi.
Par Angelo Mobateli, Source: http://fr.allafrica.com/stories/201210301366.html?viewall=1










