Il y a 100 jours, des hommes armés attaquaient le lycée de Chibok, dans l'Etat de Borno, fief du groupe islamiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Menaçant les jeunes filles, leurs ravisseurs les ont faits monter dans des camions, avant de s'enfoncer dans la végétation dense de cette région.
Plusieurs dizaines d'adolescentes réussissent à s'enfuir, mais 276 d'entre elles, âgées de 12 à 17 ans, sont enlevées.
Depuis, 219 jeunes filles sont toujours portées disparues, et leurs familles demeurent sans nouvelles d'elles. Mardi 22 juillet, le président nigérian, Goodluck Jonathan, a rencontré pour la première fois des parents des lycéennes kidnappées. Une délégation de plus de 150 personnes – proches des otages, responsables de la communauté des anciens, et les 57 lycéennes qui ont réussi à s'échapper – s'est déplacée à Abuja pour cette rencontre très attendue.
M. Jonathan a été très critiqué pour son manque de réactivité à la suite de ce kidnapping de masse, notamment sur le fait qu'il ne s'est jamais rendu à Chibok depuis l'enlèvement des jeunes femmes.
La jeune militante pakistanaise Malala Yousafzai, venue à Abuja apporter son soutien aux jeunes filles, avait tenté d'organiser une rencontre avec certaines familles et la présidence dans la capitale. Mais la petite délégation conviée avait finalement décliné, considérant que le président pouvait au moins faire venir à Abuja l'ensemble des familles touchées par ce drame. Cette fois, le gouvernement a affrété un avion.
PEU D'INFORMATIONS SUR L'AVANCÉE DES RECHERCHES
Début mai, le chef de Boko Haram, Aboubakar Shekau, avait revendiqué le kidnapping des lycéennes, déclarant dans une vidéo qu'il voulait les « vendre »comme « esclaves » et les « marier » de force. Quelques jours plus tard, dans une nouvelle vidéo, il exigeait la libération de prisonniers islamistes en échange de celle des jeunes filles.
Plusieurs puissances occidentales ont offert une aide logistique et militaire au Nigeria pour participer aux recherches. Des experts du renseignement français, britanniques et américains se sont rendus sur place, tandis que la Chine et Israëlont proposé aussi leur aide. Les Etats-Unis ont envoyé quelque 80 militaires auTchad, ainsi que des drones de surveillance et des avions. Le 17 mai, cinq chefs d'Etat africains avaient adopté à Paris, avec le soutien des Occidentaux, un plan de « guerre » contre Boko Haram.
Source:lemonde.fr
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