Femme dans un milieu d'hommes, Debbie Savoy a dû tracer sa voie dans le domaine sportif. Un domaine qui ne lui a pas fait de cadeau mais qui lui permet aujourd'hui d'apprécier plus que jamais le chemin parcouru.
«Quand tu es une femme dans le milieu sportif, tu sais que tu devras travailler plus fort. C'est normal, les femmes sont une minorité et on continue de travailler fort pour amener le changement. Il faut regarder d'où on est parties et où on est rendues aujourd'hui. C'est une adaptation, mais quand tu as les compétences et que tu te fais respecter par tes confrères, c'est là que se fait la différence», soutient celle qui est directrice du club de golf Le Mirage et dont les patrons ne sont nul autres que Céline Dion et René Angélil.
«Tu te sens seule au début, car il y a peu de femmes avec qui échanger. Comme le golf, c'était un boy's club, serré. Il y avait une difficulté de communication et d'échange avec les hommes. Il faut toujours prouver que tu as les compétences pour occuper ce poste-là. Les femmes sont encore une minorité et les femmes qui occupent des postes doivent faire preuve de beaucoup de courage. Il y a des avantages et des inconvénients», confie celle qui a grandi dans le secteur de La Tuque.
«Quand je suis devenue la première femme à être nommée à la tête d'un club de golf et que tu as la confiance de Mme Dion et M. Angélil, tu ne veux pas décevoir. C'est une offre que je n'aurais pas eu ailleurs au Québec. Les trois premières années ont été difficiles, il y avait des embûches. Après, je me suis sentie acceptée dans le milieu et c'est devenu plus facile. Mais quand tu es la première femme à être nommée dans quelque chose, tu as un peu l'impression de représenter toutes les autres».
Même aujourd'hui, le combat contre le sexisme demeure.
«Ce n'est pas au même degré et ce n'est pas la même chose, puisque la glace est brisée et qu'il y a du chemin qui a été fait. Les femmes ont payé le prix, mais il reste du travail à accomplir. Il y a 20 ou 40 ans, je n'aurais pas eu ce poste et on n'aurait jamais vu une femme à la tête de GM (General Motors). Je me rappelle d'une époque où j'étais professionnelle de golf et où je n'avais pas le droit d'aller au toilette au même endroit que les hommes dans un clubhouse», raconte la trifluvienne d'adoption.
Si elle n'avait qu'un seul conseil à fournir à une jeune femme voulant œuvrer dans le sport, ce serait… «Vas-y!»
«J'ai tellement grandi comme femme et comme humaine. Je ne suis plus la même personne. Je suis une personne beaucoup plus forte. La base, c'est de se faire respecter, c'est très important, même quand tu fais des erreurs et obtenir le respect des autres».
Source :Â Le Trait d'Union
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