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IL FAUT UNE JOURNEE AFRICAINE CONTRE LES MARIAGES PRECOSES

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Les mariages forcés exposent les filles aux conséquences desaccouchements à hauts risques, comme les fistules obstétricales dontles victimes sont souvent rejetées par la société, par leurs familles,par leurs époux. Elles sombrent dans le désespoir et facilement dans ladéchéance. Le mariage précoce, c’est aussi l’exposition des filles auxpratiques du viol dans le ménage. Les jeunes n’ont aucun contrôle surleur sexualité, aucun droit sur leur santé reproductive, aucun mot àdire sur la reproduction. Devant un époux plus âgé qu’elle et quidétient tous les droits sur elle, la jeune fille n’a rien à dire sur sasanté génésique.
Qui dit mariages précoces dit accouchements précoces, avec tous lestraumatismes et conséquences possibles, comme la stérilité. Et on saitce qui en découle pour les femmes en Afrique, avec une mise au ban dela société, une expulsion même de son foyer, etc.
Dans l’extrême nord du Cameroun, les filles sont mariées entre 9 et 16ans. Une situation grave qui nous pousse à dire que l’Union africainedevrait se pencher sur cette question. Il faut même en arriver àl’institutionnalisation d’une Journée africaine contre les mariagesprécoces et forcés. Il est important que toutes les femmes du continentse mettent ensemble pour porter ce plaidoyer et sensibiliser nos chefsd’Etat, nos frères, nos parents, nos mères qui ne parviennent pasencore à dissocier nos valeurs positives des pratiques culturellesnéfastes qui portent atteinte aux droits des filles et des femmes, desdroits de l’homme.
Le centre d’écoute que nous avons mis en place pour ces femmes victimeset survivantes des mariages précoces a accueilli, entre 2000 et 2010,quelque 600 personnes. Et ce n’est là que le nombre de femmes qui ontpu, qui ont su briser le silence pour venir confier leur cas. Nul peutdire combien elles sont, plus nombreuses encore, à vivre leur mal ensilence. Le plus souvent, il faut que survienne un drame pour qu’oncommence à en parler, pour que le tabou de la tradition soit levé. Lacessation de ces pratiques passe nécessairement par leur interdiction.
Nos Etats doivent impulser des lois dans ce sens, là où ellesn’existent pas et veiller à leur application quand la tradition les metà mal. Il faut que les mentalités changent, que certains comportementset attitudes cessent. Nous sommes en face d’une pratique contrelaquelle les lois ne suffisent pas. Il faut de la coercition (et lesjuges devraient se montrer sévères à ce sujet), mais aussi de lapersuasion. Car les mentalités à changer sont très ancrées dans nossociétés, portées des leaders traditionnels, religieux, communautaires,etc.
Mais rien ne peut être durable dans l’amélioration du sort des femmessans une alphabétisation systématique de toutes les filles. On parle descolarisation universelle et gratuite, mais c’est un leurre. Il nes’agit pas de le proclamer dans les textes. L’effectivité etl’efficacité de la mesure passent par une imposition aux parentsd’inscrire leurs filles à l’école comme ils le font pour les garçons etles y maintenir jusqu’à 18 ans. Déjà, c’est là un début de solutionpour repousser à plus loin l’âge du mariage.
* Mme Doumara Aissa est chargée de programme à l'Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes (Cameroun)
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Source AWID

 

A travers cette section, le ROFAF aimerait informer son audience sur les différents processus en cours pour l’élaboration du nouveau cadre de développement pour l’Après 2015, les actions de mobilisation et de plaidoyer entreprises pour les droits des femmes ainsi que les différentes possibilités d’engagement qui existent encore. En savoir plus