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Former davantage de meilleures chercheuses

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Pour Oyunga, cette mise en œuvre des résultats de sa recherche est tout aussi importante que la conduite de la recherche: "La réalisation d'une étude est une étape importante. Mais la rendre réelle en utilisant les résultats comme un outil pour améliorer les moyens d’existence des gens sur le terrain est ce qui la rend complète".

Et comment s'y prendre est l'une des compétences qu'elle a acquises après avoir obtenu une bourse auprès du programme 'African Women in Agriculture Research and Development' (Les Femmes africaines dans la recherche agricole et le développement - AWARD). Ce programme rassemble des chercheuses africaines en agriculture sur la base du mérite intellectuel à partir de 20 différentes disciplines des sciences agricoles.
"Les scientifiques sont à l’avant-garde de la résolution de la crise alimentaire en Afrique. Mais nous devons d’urgence combler l'écart entre les sexes dans notre communauté scientifique. Nous avons besoin de plus de femmes qui poursuivent des carrières en science de l’agriculture car les femmes constituent la face de l'agriculture africaine", a déclaré Dr Akinwumi Adesina, la vice-présidente de l'Alliance pour la révolution verte en Afrique.
Oyunga, qui n'est que l'une des 180 meilleures chercheuses agronomes ayant reçu des bourses dans le cadre du programme AWARD, met déjà en pratique ce qu'elle a appris.

A Kisian, c’est une honte si une femme n'a pas quelques plantes de patates douces poussant sur sa ferme. Les pommes de terre sont très précieuses dans cette partie du monde. Elles sont cultivées sur toute l'année et complètent parfois les maigres régimes alimentaires.
Oyunga, qui travaille à l'Institut de recherche agricole du Kenya (KARI), est occupée à communiquer les résultats de ses recherches aux petites agricultrices ici. Certains types de patates douces ont une valeur nutritionnelle importante qui est cruciale surtout pour les jeunes enfants, leur dit-elle.
Ces résultats pourraient sauver une partie des 43 millions d'enfants de moins de cinq ans en Afrique sub-saharienne qui risquent la Carence en vitamine A (CVA). Selon l'Organisation mondiale de la santé, la CVA est responsable de la plupart des cas de cécité chez les enfants et augmente considérablement le risque de maladies graves, et même de la mort, à cause des infections infantiles courantes comme les maladies diarrhéiques et la rougeole. Chez les femmes enceintes la CVA cause l’héméralopie et peut augmenter le risque de mortalité maternelle.

Grâce au programme Action pour les patates douces pour la sécurité et la santé en Afrique, Oyunga a reçu des fonds pour aider à vulgariser les variétés d’OFSP dans la région. Dans un projet-pilote dans l'ouest du Kenya, toutes les femmes enceintes fréquentant les centres de santé publique bénéficient d’un bon qui leur permet d'aller vers des producteurs de semences de pomme de terre désignés dans la région et reçoivent 120 plantes d'OFSP.

"Si la méthode s'avère efficace, nous la reproduirons ensuite dans toute la région d’Afrique sub-saharienne", a indiqué Oyunga.
"Lorsque votre étude est mise en œuvre surtout pour servir les pauvres des zones rurales, vous avez le sentiment que vous avez créé un pont que les gens utilisent pour passer du monde de la pauvreté au développement économique. C’est très satisfaisant", ajoute Oyunga.

Un rapport publié en juin 2010 par ActionAid International montre que les petits fermiers, dont la plupart sont des femmes, sont responsables de 90 pour cent des aliments produits en Afrique et fournissent environ la moitié des vivres du monde entier. Pourtant les femmes scientifiques sont rarement impliquées dans la recherche scientifique agricole ou dans les postes de direction dans ce domaine.

Vickie Wilde, la directrice du programme Genre et diversité au sein du Groupe consultatif sur la recherche agricole internationale et fondatrice de AWARD, convient qu'il est temps de changer. "Investir dans les femmes de l'Afrique est un investissement intelligent... Mais investir dans les chercheuses de l'Afrique constitue le meilleur pari", a dit Wilde.

AWARD a été créé en 2008 pour renforcer les aptitudes de recherche et de leadership des femmes africaines dans les sciences agricoles. Il offre aux chercheuses pour la plupart d'Afrique sub-saharienne, y compris celles d'Afrique occidentale, des bourses de deux ans focalisées sur les partenariats en matière d’orientation.

En collaborant avec des mentors expérimentés, les stagiaires acquièrent diverses compétences comme la manière d’écrire de façon compétitive dans les revues scientifiques, la façon d’élaborer des propositions compétitives pour financer la mise en œuvre des résultats de leurs recherches, et la façon de travailler avec les communautés pauvres pendant la mise en œuvre.

"La feuille de route pour mettre fin à la pauvreté en Afrique repose sur l'autonomisation des femmes, qui jouent un rôle important dans la production alimentaire", a déclaré Dr Ephraim Mukisira, directeur du KARI.

Aishatu Bashir Ardo, une peule musulmane originaire du nord du Nigeria est une autre stagiaire qui a brisé les barrières traditionnelles en se joignant aux hommes pour administrer l'insémination artificielle au bétail. Elle est la seule femme dans sa région à faire ce qui a été traditionnellement perçu comme un devoir pour les hommes.

Et il semble que la situation des femmes à travers le continent évolue lentement. Selon une enquête de 2008 menée pendant huit ans à travers l’Afrique sub-saharienne par AWARD en partenariat avec les Indicateurs des sciences et technologies agronomiques, le nombre de femmes africaines professionnelles employées dans les sciences agronomiques a augmenté de huit pour cent au cours de la période de l'étude, tandis que le nombre d'hommes africains est monté de deux pour cent par an.

Bien que l'écart se rétrécisse, l’enquête a constaté que les femmes représentent toujours moins du quart des chercheurs de l'Afrique qui occupent des postes dans la recherche agricole, et que moins de 14 pour cent des postes de direction sont occupés par la femme.

"Les femmes ont toujours joué un rôle central non seulement dans la production alimentaire, mais aussi dans le fait d’assurer que cette production soit sur la table à manger. Elles savent par conséquent ce qui est bon pour la société", a dit Mukisira expliquant pourquoi le nombre de femmes dans la recherche agricole doit augmenter.

Source AWID

 

A travers cette section, le ROFAF aimerait informer son audience sur les différents processus en cours pour l’élaboration du nouveau cadre de développement pour l’Après 2015, les actions de mobilisation et de plaidoyer entreprises pour les droits des femmes ainsi que les différentes possibilités d’engagement qui existent encore. En savoir plus