Afrique: Intégration économique - Les grands pôles sous-régionaux pour étaler le savoir-faire des femmes africaines

Mardi, 27 Novembre 2012 15:16
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(Casablanca) - La remise des palmes de l'excellence féminine a couronné le 5ème Congrès international de la femme africaine à Casablanca au Maroc. Il s'est agi pour les initiateurs de cette rencontre, tribune d'échanges entre femmes d'affaires, femmes politiques, journalistes, militantes de la société civile, entre autres, de distinguer des leaders hommes et femmes dont les actions ont été déterminantes dans l'organisation et la réussite de cet évènement qui a réuni 5 jours durant (12-16 novembre 2012) des participants venus de divers horizons.

Ces derniers ont planché sur le thème : « Les femmes agissent, le monde change l'impact des femmes en Afrique et au-delà ».

Cet espace de dialogue instauré par l'Ong Africa Femmes performantes (Afp) était l'occasion pour étaler le savoir des femmes africaines qui prennent de bonnes initiatives, mais qui butent sur le manque de formation et leur faible regroupement.

Pour cette raison, les deux jours précédant le congrès (12-13 novembre 2012) ont été consacrés aux techniques du réseautage et à la formation, afin de renforcer les capacités des femmes leaders.

Pour faire de l'unité des femmes d'Afrique une réalité, l'une des recommandations de ce 5ème Congrès international de la femme africaine a trait à « l'élargissement et à l'ouverture d'Africa femmes performantes aux nouveaux pays d'Afrique demandeurs ».

La micro-assurance au-delà du microcrédit

Il est, en effet, important pour Patricia Secke, la présidente d'Afp, que cette Ong ait des représentations dans tous les pays africains. « Quand tous les africains retrouveront l'Afp, nous allons travailler dans de grands pôles dans le cadre de l'intégration régionale », révèle Apolline Musengeshi, secrétaire générale du ministère des affaires étrangères de la République démocratique du Congo (Rdc).

La création de coopératives financières ayant été suggérée lors du panel sur « Stratégie et réflexions sur le cadre légal du développement du hub de l'excellence féminine au Maroc pour l'Afrique dans le cadre de la coopération Sud-Sud » a reçu l'attention d'Africa Femmes Performantes, qui encourage les femmes africaines à s'organiser en coopératives, Pmi/Pme.

Il en est de même de « la création d'un centre de microfinance pour les projets innovants ou à potentiel innovateur qui s'inscrivent dans une dynamique de développement durable ».

De l'avis de l'expert financier camerounais Chrétien Tabetshing, les coopératives financières offrent la sécurité aux femmes. Poussant son analyse, il préconise de jumeler le microcrédit à la micro-assurance. Cette innovation assurera, selon lui, une meilleure protection des femmes.

« Si une femme emprunte de l'argent et tombe malade, elle pourra être prise en charge, de même que ses enfants », justifie M. Tabetshing, qui incite à poursuivre la réflexion sur la micro-assurance. « Sinon, quand une femme emprunte de l'argent et tombe malade, que faire ? », s'interroge-t-il. La question reste entière tant que la mise en place de la micro-assurance ne sera pas effective.

Suivi régulier

Toutes ces initiatives en faveur des femmes africaines sont louables certes, mais la Camerounaise Honorine Neungoue conseille un suivi régulier, si l'on veut réussir la microfinance dans les pays africains.

« Avec les besoins urgents à régler, il y a des risques pour que le crédit ne soit pas remboursé ». Dans un langage imagé, il préconise de mettre en place « un Gps pour suivre le crédit jusqu'à son remboursement ».

Sur la recommandation consistant à profiter de l'accord de libre échange entre le Maroc et les États-Unis d'Amérique pour encourager les partenariats entre entreprises de femmes africaines et celles de femmes américaines, Apolline Musengeshi, secrétaire générale du ministère des affaires étrangères de la République démocratique du Congo (Rdc), invite à « repenser le modèle économique qui nous convient ».

À son avis, il est temps d'arrêter d'imposer aux pays africains des modèles de développement élaborés ailleurs. Les moyens et les niveaux de développement ne sont pas les mêmes, justifie-t-elle.

Et elle ajoute : « Si chaque année on ne changeait pas de slogan, pas de programme, nous aurions fait un pas ».

Parmi les recommandations faites à l'issue du 5ème Congrès de la femme africaine figurent également l'élaboration des guides de formation pour faciliter les échanges entre pays du Nord et ceux du Sud et « la création de la marque Afp en habillement, textile, produits cosmétiques bio et la labellisation des ouvrages de littérature, poésie et art, etc. ». Cela permettra, selon le Pr. Mouhamed Tahiri, de « trouver les moyens lui permettant d'assurer sa subsistance ».

Par Maïmouna GUEYE, Source: http://fr.allafrica.com/stories/201211271239.html?viewall=1