Les Femmes Commerçantes "Coupées" des" grandes affaires

Mardi, 31 Août 2010 13:43
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Une variété artisanale, des bijoux moins chers, des kaftans etautres vêtements africains, des produits cosmétiques et capillairesdominent l’exposition terriblement calme.
Quelques jours avant que le bloc régional ne lance lacélébration de son 30ème anniversaire, la question qui se pose est desavoir où en sont les femmes au cours des trois dernières décennies. Lacollection des biens présentés à la foire résume-t-elle la position desfemmes dans le commerce régional?

"L’objectif est d’éloigner les femmes des produitstraditionnels, tels que les vêtements et les bijoux, à des affairesplus conventionnelles", commente Sirkka Ausiku, secrétaire permanenteau ministère de l’Egalité des sexes et de la protection de l’enfance dela Namibie.

"L’un des groupes de participants est la 'SADC Women inMining' (Femmes du secteur minier de la SADC ), qui est un exempled’organisation qui fait du plaidoyer pour les femmes dans tout lesecteur. Les années à venir, nous aimerions voir plus de groupementsrégionaux du genre. Le tourisme serait une suite logique".
La zimbabwéenne Gugu Usumani, membre de 'SADC Women inMining', pense que "les petites entreprises peuvent facilement devenirde grandes sociétés. Ce n’est pas quelque chose qui appartientseulement aux hommes".
Au Zimbabwe, dit-elle, les femmes minières sont affectées parles politiques du gouvernement. "Il est difficile, par exemple,d’exporter du diamant du pays. Elles rencontrent également desproblèmes tels l’acquisition de machines pour le forage, le taillage etle polissage. Pourtant, c’est une bonne entreprise pour les femmes,d’autant plus particulièrement que la plupart sont originaires deszones rurales offrant peu d’opportunités".
Usumani pense que la foire commerciale de la SADC et le forumsur l’investissement des femmes qui a précédé, aideront les femmesd’affaires. "Les femmes auront ici une grande exposition pour leursproduits".
Quelque 300 femmes des 14 Etats de la SADC – le Madagascar esttoujours suspendu - sont venues à Windhoek pour présenter leursentreprises et suivre une formation lors du forum de trois jours surl’investissement des femmes.
"Cela nous a ouvert les yeux à beaucoup de choses", déclareRumsey concernant le forum. "Les femmes sont souvent perdantes parcequ’elles ne connaissent pas bien les règles. Par exemple, ellespaieront des droits non nécessaires sur des marchandises."
Les femmes tiennent à faire des affaires, a déclaré Rumsey àIPS, mais il y a beaucoup d’obstacles surtout concernant le commercetransfrontalier, un secteur dominé par les femmes.
"Il y a d’importantes barrières non tarifaires à supprimer.Les agents frontaliers, qui essaient tout simplement de trouver desfautes là où il n’y en a pas, harcèleront les femmes même si leurspapiers sont authentiques. Cela a beaucoup à avoir avec notre culture."
Le sous-ministre des Finances de la Namibie, Calle Schlettweina reconnu lors de son discours d’ouverture au forum surl’investissement des femmes que l’application du protocole commercialde la SADC doit être sensible au genre pour profiter aux femmes.
Bien que les femmes soient en train d’établir et de renforcerpeu à peu leur présence dans le secteur formel de la région, "lamajorité des activités commerciales des femmes est encore dans lessecteurs informels et à petite échelle", a-t-il déclaré.
"Par conséquent, il est nécessaire d’examiner les dispositionsde tous nos instruments légaux pour s’assurer que les questions dugenre sont intégrées. L’ultime objectif doit être l’égalité entrehommes et femmes dans toutes les opportunités commerciales", a–t–ilajouté.
Mercy Timbe, qui travaille avec les femmes apicultrices àMzuzu au Malawi, considère la suppression des barrières commercialescomme une question importante. "Pourquoi est-il si difficile pour moide mettre mes produits dans une boutique à l’Ile Maurice?",demande–t–elle.
Elle suggère également la compilation d’une base de données ouannuaire régional des femmes chefs d’entreprises qui peuvent êtreutilisés pour le réseautage. "Et il doit y avoir des chambres decommerce composées de femmes. Les structures actuelles sont surtoutdominées par les hommes".
Pour Rumsey, les gouvernements de la région doivent relever ledéfi: "Seuls trois pays ont envoyé des représentants au forum surl’investissement. Seuls les commerçantes zambiennes ont participé. Oùse trouve notre autorité gouvernementale qui siège à des réunions etqui entend parler des défis auxquels font face les femmes d’affaires auniveau de la SADC? Où sont les politiques voulues de la SADC quifavorisent les femmes dans le commerce" ?
La ministre de l’Egalité des sexes et de la protection del’enfance de la Namibie, Doreen Sioka, a noté à l’ouverture du sommetsur l’investissement qu’"il est un bien connu que les femmesconstituent l’épine dorsale de nombreuses économies africaines etjouent également des rôles clés dans les économies de chaque Etatmembre de la SADC".
Elle a insisté sur l’indépendance économique des femmes commeétant essentielle "parce qu’elle empêche l’exploitation, laféminisation de la pauvreté, la discrimination et le mépris de leursdroits humains fondamentaux".
Mais Sioka a encore jugé nécessaire de justifier son soutien àl’indépendance économique des femmes en déclarant que "les femmesdépensent un pourcentage élevé de leur revenu pour nourrir et éduquerleurs enfants, ce qui a pour finalité le bien-être de leurs familles".(FIN/2010)

Source AWID