Le MALI CHANGE AVEC SES FEMMES

Lundi, 23 Août 2010 08:50
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Il s’agit là d’une initiative parmi d’autres, dans le domaine desmobilisations communautaires par lesquelles nous cherchons à impulserdes dynamiques positives. En appelant les populations à se cotiser,nous avons pu construire à Coco Plateau, un quartier de Kati, à 15 kmde Bamako, un Centre de santé communautaire (Cescom) dont nous nousoccupons de la gestion à travers un constitué de femmes et defonctionnaires à la retraite. La seule assistance que nous avonssollicitée a été pour la formation des gestionnaires. Ce sont desCanadiens qui s’en sont occupés. Le Cescom rayonne aujourd’hui surplusieurs localités environnantes et dispose d’une ambulance qui permetd’évacuer les femmes en travail, par exemple, vers les hôpitaux deréférence au niveau de Bamako.
C’est dire que nous pouvons faire des choses importantes pour noscommunautés à partir de peu. L’idée d’implanter ce Cescom m’est venued’un drame familial. J’étais étudiante en Union soviétique quand monpère est décédé, après avoir souffert pendant soixante-douze heuressans qu’on ne puisse l’évacuer vers un centre de soins. Il n’y avaitpas de médecin dans la structure de santé de la localité, encore moinsd’ambulance pour le transférer. Pour moi, ce qui avait emporté mon pèrene devait plus jamais arriver. L’initiative pour lancer le Cescom estvenue de là, appuyée par les populations qui y ont adhéré.
Notre association travaille aussi à l’éveil des femmes sur laconnaissance de leurs droits et la mobilisation pour que ces droitssoient respectés. C’est dans ce cadre que nous avons formé vingt femmespara juristes, qui effectuent des visites dans les quartiers pourexpliquer à leurs paires les termes du Protocole de Maputo et lesamener à s’investir pour la défense de leurs droits. Ce travail souffrecependant du fait que le Mali est un pays où 75 % des femmes sont desanalphabètes. Communiquer et sensibiliser sur des éléments dont lessupports sont en français n’est pas facile. Un élément fondamental,aujourd’hui, dans la promotion des droits des femmes en Afrique, est detraduire le Protocole dans les langues locales. Il faut en arriver làsi on veut que les femmes le comprennent, se l’approprient et puissents’engager dans une mobilisation pour leur application jusque dans lescoins plus reculés.
Cela pose la question de l’alphabétisation, mais surtout d’unealphabétisation fonctionnelle. Car lutter contre la pauvreté ne revientpas seulement à déverser de l’argent dans la communauté. Lapaupérisation est un phénomène tellement complexe, avec des facteurs etdes implications tels que les populations ne parviennent pas toujours àcomprendre ce qui les maintient dans le cycle de misère où elles seretrouvent enfermées. Ces populations, surtout les femmes, subissentleurs conditions sans savoir que leur état constitue un déni de leurdroit contre lequel elles doivent lutter. Faire reculer l’obscurantismeest le premier combat dans la conquête des droits pour les femmes. Tantque la situation ne change pas à ce niveau, nos autorités vontcontinuer à signer des conventions internationales pour le prestige.Sans les respecter, sans rendre compte et continuer ainsi à abuser lacommunauté internationale.
* Macalou Awa Dembélé, présidente de Sewajama (pour la satisfaction de tout un peuple)
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Source AWID