La violence à l’encontre des femmes

Vendredi, 22 Novembre 2013 21:08
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Les Nations Unies définissent la violence à l'égard des femmes de la façon suivante «tous les actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée».

Par violence d’un partenaire intime, on entend tout comportement qui, dans le cadre d’une relation intime (partenaire ou ex-partenaire), cause un préjudice d’ordre physique, sexuel ou psychologique, notamment les actes d’agression physique, les relations sexuelles forcées, la violence psychologique et tout autre acte de domination.

Par violence sexuelle, on entend tout acte sexuel, tentative d’acte sexuel ou tout autre acte exercé par autrui contre la sexualité d’une personne en faisant usage de la force, quelle que soit sa relation avec la victime, dans n’importe quel contexte. Cette définition englobe le viol, défini comme une pénétration par la force physique ou tout autre moyen de coercition de la vulve ou de l’anus, au moyen du pénis, d’autres parties du corps ou d’un objet.

Ampleur du problème

Les enquêtes auprès de la population fondées sur les déclarations des victimes fournissent les estimations les plus précises sur la prévalence de la violence exercée par les partenaires intimes ou de la violence sexuelle qui se manifeste hors conflits. La première enquête multipays de l’OMS sur la santé des femmes et la violence domestique à l’encontre des femmes, menée en 2005 dans 10 pays principalement en développement, a permis de constater que chez les femmes de 15 à 49 ans:

Une étude plus récente menée par l’OMS avec la London School of Hygiene and Tropical Medicine et le Medical Research Council, sur la base de données en provenance de plus de 80 pays, a constaté qu’au niveau mondial 35% des femmes ont été exposées à des violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur partenaire intime ou de quelqu’un d’autre. La plupart de ces actes de violence sont le fait du partenaire intime.

Au niveau mondial, près d’un tiers (30%) des femmes qui ont eu des relations de couple ont subi une forme quelconque de violence physique ou sexuelle de la part de leur partenaire intime et, dans certaines régions, beaucoup plus. Au niveau mondial, jusqu’à 38% des meurtres de femmes sont le fait de leur partenaire intime.

Les actes de violence imputables à un partenaire intime et les actes de violence sexuelle sont principalement commis par des hommes contre des femmes. Les sévices sexuels infligés aux enfants touchent aussi bien les garçons que les filles. Des études internationales indiquent qu’environ 20% des femmes et 5 à 10% des hommes déclarent avoir été victimes de violence sexuelle dans leur enfance. La violence chez les jeunes, et notamment à l’occasion des sorties, est également un problème majeur.

Facteurs de risque

Les facteurs de risque liés à la violence exercée par le partenaire intime et à la violence sexuelle apparaissent au niveau individuel, familial, communautaire et sociétal au sens large. Certains facteurs sont liés aux auteurs de violence, d’autres aux victimes et d’autres encore aux deux.

Facteurs de risque concernant la violence exercée par le partenaire intime et la violence sexuelle:

Facteurs de risque associés à la violence exercée par le partenaire intime:

Facteurs de risque associés à la violence sexuelle:

L’inégalité des femmes par rapport aux hommes et le recours normatif à la violence pour résoudre des conflits sont étroitement associés tant à la violence exercée par le partenaire intime qu’à la violence sexuelle exercée par d’autres que le partenaire.

Conséquences sur la santé

La violence d’un partenaire intime et la violence sexuelle entraînent à court et long terme de graves problèmes de santé physique, mentale, sexuelle et génésique pour les victimes et leurs enfants et elles ont de ce fait des coûts sociaux et économiques élevés.

Impact sur les enfants

Coûts socio-économiques

Les coûts socio-économiques de la violence du partenaire intime et de la violence sexuelle sont énormes et se répercutent dans toute la société. Les femmes peuvent souffrir d’isolement, les amener ultérieurement à commettre des actes violents ou à en être victime.

On retrouve les facteurs de risque associés à la violence du partenaire intime et à la violence sexuelle chez les individus, dans les familles, dans les communautés et plus largement dans la société. Certains facteurs sont liés aux auteurs des violences, d’autres aux victimes et d’autres encore aux deux.

Prévention et riposte

Actuellement, il y a peu d’interventions dont l’efficacité a été scientifiquement attestée. Il faut davantage de ressources pour renforcer la prévention, notamment primaire, de la violence exercée par le partenaire intime et de la violence sexuelle, c’est-à-dire pour éviter que des actes de ce type ne soient commis.

En ce qui concerne la prévention primaire, il semble que les programmes mis en place dans les écoles de pays à revenu élevé aient donné de bons résultats pour prévenir la violence des adolescents dans leurs fréquentations. Il reste, toutefois, à les évaluer dans les milieux moins nantis.

Plusieurs autres stratégies de prévention primaire se sont montrées prometteuses mais devront être évaluées ultérieurement, à savoir:

Pour instaurer un changement durable, il importe de promulguer des textes législatifs et d’élaborer des politiques visant à:

Une action adaptée émanant du secteur de la santé peut jouer un rôle important pour prévenir la violence et y faire face. La sensibilisation et l’éducation des prestataires des services de santé notamment, constituent elles aussi, une stratégie importante. Une action multisectorielle s’impose pour prendre pleinement en compte les conséquences de la violence et répondre aux besoins des victimes/rescapés.