Afrique: Réduction de la mortalite maternelle - Des acteurs de Bobo pour une campagne accélérée

Lundi, 30 Juillet 2012 15:46
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Le problème de la santé maternelle demeure toujours de nos jours une question préoccupante. En l'absence d'un engagement politique, la perte de la productivité sera certaine en Afrique. C'est pourquoi, à l'instar des autres pays africains, le Burkina s'est engagé dans cette dynamique.

C'est ainsi que les acteurs du domaine de la santé des Hauts-Bassins se sont retrouvés, le 13 juillet dernier à Bobo, pour mener des réflexions pouvant aider à l'accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique. Dans son mot de bienvenue, le Directeur régional (DR) de la santé des Hauts-Bassins, Yacouba Savadogo, qui a piloté les travaux, a jugé le cadre de rencontre très propice pour trouver les solutions idoines pouvant permettre de purger les souffrances des femmes qui rendent l'âme pendant l'accouchement.

La CARMMA qui vise à sensibiliser et à promouvoir le plan d'action de Maputo et à accélérer la réduction de la mortalité maternelle en Afrique se veut la méthode pour remédier à la situation alarmante de la mortalité maternelle dans la plupart des pays africains dont le Burkina.

Dans son discours officiel de lancement, le Secrétaire général (SG) des Hauts-Bassins, Joachin Somda, a laissé entendre que la mortalité maternelle occupe encore un taux très élevé de 307.3 décès pour 100 000 naissances vivantes selon le Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH) de 2006.

Si rien n'est fait à l'horizon 2015, les chiffres passeront à 44 600 décès maternels et 1 600 000 morbidités liées aux infections pelviennes, aux incontinences urinaires aux infertilités et aux fistules. Alors que s'il y a une intervention efficiente, il y aura un gain de 20 000 mères sauvées, 745 000 morbidités maternelles évitées, 52 800 nouveau-nés sauvés et un gain de productivité de 59,7 milliards de F CFA. Cependant, la résolution de la question de la mortalité maternelle étant inscrite dans les politiques nationales pour l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), cela a permis au gouvernement burkinabè de s'engager dans la cause de la santé maternelle.

Toute chose ayant permis d'atteindre des résultats encourageants, a confié M. Somda. Au nombre des efforts énumérés pour contenir cette flambée de mortalité maternelle, on retient entre autres, la subvention des accouchements et les Soins obstétricaux et néonatals d'urgence (SONU), la subvention des produits contraceptifs et la gratuité des soins préventifs liés à la grossesse.

Pour cette campagne, l'artiste comédien Hyppolyte Ouangrawa a été fait ambassadeur de la CARMMA, pour porter le message aux confins du Burkina par sa politique de mobilisation et de sensibilisation par le théâtre. Prenant la parole, il a révélé les attentes du ministère de la Santé en lui confiant cette lourde tâche. L'ambassadeur de la CARMMA a, de ce fait, sollicité l'accompagnement de tous les acteurs techniques, administratifs et politiques représentés à l'atelier, pour la réussite de la mission à lui confiée par le ministère.

Au cours des échanges, les agents de la santé ont énuméré quelques difficultés qui entravent l'accélération de la réduction de la mortalité maternelle. Il s'agit des ruptures fréquentes de certains intrants tels les supports et autres consommables, de la dotation irrégulière, de l'insuffisance des produits, de l'allocation tardive des ressources, de l'insuffisance en personnel qualifié et du manque d'électricité dans certaines zones comme Dandé. Mais, lors des communications, il est ressorti qu'il n'y a pas eu que des difficultés.

Il y a aussi eu des acquis notamment l'amélioration de la couverture sanitaire car 86% de la population résident à moins de 10 km d'un centre sanitaire en 2008, la diminution du taux de mortalité maternelle, la mise en place de stratégies novatrices telles que la CARMMA elle-même, etc.

Par Josias Zounzaola Dabire