Au moins, la marque de préservatifs a fait parler d'elle. Il y a quelques jours, Durex lançait une campagne de communication sur Twitter à base de blagues sexuelles. Mais une de ces "Durex Jokes" n'est pas passée :
« Pourquoi Dieu a-t-il donné un pénis à l'homme ? Pour qu'il ait au moins un moyen de faire taire une femme ».
Drôle ? Sûrement pas. Et surtout pas en Afrique du Sud. Les critiques ont fusé dans le pays. Le réseau Feminists SA soulignait ainsi le 24 novembre que se servir d'un pénis pour « faire taire une femme », cela s'apparente à un viol. Et regrettait que « la violence contre les femmes reste une blague pour la plupart des Sud-africains ».
Durex s'est d'abord défendu, benoîtement, en soulignant que les autres blagues de sa campagne n'étaient pas « violentes contre les femmes ».
Avant, finalement, de présenter ses excuses, d'effacer le tweet incriminé et même de « remercier » Feminists SA pour leur avoir « rappelé que la violence contre les femmes reste un sujet de préoccupation majeur en Afrique du Sud ».
C'est le moins qu'on puisse dire : le pays est considéré comme l'un de ceux où le taux de viol est le plus élevé au monde. Dans une récente enquête, une femme sud-africaine sur trois a déclaré avoir subi un viol dans l'année. Dans une autre, plus d'un homme sur quatre admettait avoir commis un viol.
La saillie de Durex était d'autant plus malvenue qu'elle intervenait à la veille de la journée internationale de la violence envers les femmes. Une journée qui marquait, en Afrique du Sud, le lancement d'une campagne de 16 jours contre la violence domestique.
| < Précédent | Suivant > |
|---|