Une divorcée doit pleurer

Dimanche, 06 Novembre 2011 13:02
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La Suède est un des pays les plus avancés en matière d'égalité hommes-femmes. Et pourtant... Un livre et les réactions qu'il provoque montrent qu'il reste pas mal de chemin à parcourir. Libération résume ainsi l'ouvrage de Maria Sveland et Katarina Wennstam, Happy Happy : « Pour vivre heureuses, vivons divorcées ». Sans aller jusqu'à une apologie du divorce, l'ouvrage s'appuie sur des dizaines de témoignages de femmes pour dire que le divorce n'est pas la montagne de douleurs et d'échecs habituellement dépeinte. Au contraire, les femmes y reconquièrent une liberté. Mais surtout, et c'est le sujet tabou, elles affirment que la garde alternée leur procure enfin des plages de temps pour elles-mêmes. « Les femmes interrogées évoquent toutes le plaisir de retrouver du temps pour soi : tandis que les enfants sont chez leur père, les mères en profitent pour faire du sport, voir des amis, retomber amoureuse... », écrit le magazine belge Le soir.

Vent de conservatisme

Las ... Une avalanche de critiques s'abat sur ces « mauvaises mères » qui, selon leurs détracteurs, feraient le malheur de leurs enfants. Des psy ont beau rétorquer qu'une maman heureuse et souriante est plus bénéfique au développement de l'enfant, rien n'y fait. Un vent de conservatisme souffle sur la Suède comme partout dans le monde puisque les auteures font un parallèle entre ces critiques et la montée des Tea Partis aux Etats Unis. (En France, une fondation vient d'être lancée pour lutter contre le divorce). Le Soir rapporte les propos de Maria Sveland, surprise par la virulence des réactions à son livre : « Si un homme avait écrit qu'il appréciait les semaines où les enfants sont chez leur mère, on l'aurait félicité d'être un homme aussi moderne et un papa aussi fantastique, qui s'occupe de ses enfants une semaine sur deux ». Face à la bronca, l'auteure affirme dans Libération que si ce livre avait été publié dans les années 70, il n'aurait provoqué que des «bâillements ennuyés». Et de rappeler les traveaux de Marie-Joseph Bertini sur l'enfermement des femmes dans des rôles bien délimités.. Conservatisme, backlash...