A Limoges, une inspectrice d'académie régionale bat un record en terme de cliché patricarcal. La journaliste Véronique Soulé, de Libération, le révélait sur son blog le 26 mars : une enseignante en histoire est passée à côté d'un poste disponible dans une classe de khâgne de l'académie de Limoges... parce qu'elle était maman. En effet, selon l'inspectrice d'académie régionale (IPR), un tel poste en classe préparatoire « demande une énorme charge de travail très peu compatible avec le métier de mère de famille (même si les choses évoluent c'est très lent) ».
L'IPR n'est visiblement pas déterminée à accélérer cette évolution. Au contraire. Elle se justifie ainsi, sans la moindre gêne, dans un courriel, en réponse à l'enseignante. Celle-ci s'étonnait de ne pas avoir été informée, au contraire d'autres collègues, que ce poste prestigieux se libérait : « Je ne l'ai signalé qu'à des collègues hommes ou des collègues "femmes" sans enfants », reconnaît l'inspectrice d'académie, qui a elle-même mis entre guillemets ces "femmes" sans enfants. Et ajoute benoîtement : « C'est sûrement une vision très passéiste, mais très réaliste ».
Le syndicat SNES-FSU de Limoges a confirmé les faits et le contenu de la lettre, ce mardi 29 mars. Tout en ajoutant que l'enseignante « n'a jamais souhaité que cette affaire soit rendue publique ».
L'Education nationale n'est pas épargnée par le plafond de verre : plus les postes sont prestigieux, plus on y retrouve des hommes. Ainsi, dans le primaire, les femmes représentent 8 enseignants sur 10 ; elles ne sont que 3 sur 10 en classes préparatoires. Et la Fonction publique en général, relevait récemment la députée Françoise Guégot, peine à accepter la maternité.
"Maladresse"
Le rectorat de Limoge a réagi, mardi 29 mars, en diffusant un communiqué de presse, repris par Véronique Soulé sur son blog. Le recteur « condamne fermement la position exprimée » par l'IPR. Convoquée, celle-ci a « reconnu avoir commis une maladresse » et n'a pas été sanctionnée. Le recteur énumère les initiatives mises en oeuvre dans l'académie pour promouvoir l'égalité. Et souligne que dans les classes préparatoires littéraires de l’académie de Limoges, « 8 professeurs sur 11 sont des femmes en lettres supérieures, et 6 sur 10 en première supérieure. »
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