Le président Sall, qui a promis son engagement à la Fifcj dans sa quête de justice et de paix, a déclaré qu'il est indispensable de protéger l'intégrité des femmes.
« Certaines de nos soeurs connaissent la peur au quotidien, souvent même dans leur entourage immédiat. Il faut lutter contre ce fléau en le prenant à la racine. Je prends l'engagement de vous accompagner », a martelé le président de la République devant les nombreux congressistes venus des quatre coins du monde.
A cette occasion, le chef de l'Etat a invité à une meilleure vulgarisation de la convention des Nations Unies contre toutes les formes de discrimination faites à l'égard des femmes.
« La paix : garantie des humains », c'est le thème du Congrès de la Fédération internationale des femmes de carrières juridiques (Fifcj) qui s'est ouvert, hier, à Dakar.
Le président de la République, Macky Sall, qui a présidé la cérémonie d'ouverture de cette rencontre de deux jours, a exhorté à une meilleure vulgarisation de la convention de l'Onu contre toutes les formes de violences faites aux femmes.
« Le thème de cette année est d'une brûlante actualité. D'ailleurs, il n'a jamais cessé de l'être, si l'on sait que les conflits ont de tout temps correspondu à des médiations du droit de la femme. Les droits de l'homme en général et le droit humanitaire en particulier ont édicté des normes de protection des femmes en période de conflit armé », a dit le chef de l'Etat.
Il a ajouté que les efforts qui ont été faits pour vulgariser ces lois sont partis du droit coutumier, mais n'ont pas permis de faire baisser les violences massives faites contre les femmes. Selon le président Macky Sall, une des solutions issue des réflexions de ces dernières années et qui paraît être un constat évident est que les femmes doivent être actrices de leur propre protection.
Cela veut dire qu'elles doivent être associées à tous les processus de paix. D'où l'importance du plaidoyer du chef de l'Etat pour une meilleure vulgarisation de la convention de l'Onu contre toutes les formes de violence à l'égard des femmes.
« Je voudrais lancer, ici, un appel pour une meilleure vulgarisation de la convention des Nations Unies contre toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.
Cette résolution préconise à la fois la participation des femmes à tous les niveaux et processus de décision et au processus de paix », a-t-il laissé entendre.
En outre, il a expliqué l'importance qu'il y a dans le cadre de l'atteinte des objectifs dont s'est fixée la Fifcj, la nécessité de susciter une représentation féminine suffisante au niveau de l'instance de décision politique.
« C'est cette même instance de décision politique qui a la responsabilité et la légitimité de résoudre les conflits armés. C'est conscient de ces réalités que la loi sur la parité a été adoptée au Sénégal et dont les femmes ont été d'un apport décisif dans l'adoption de ce plan », a soutenu Macky Sall. Il a exprimé sa fierté d'avoir été le premier à l'appliquer.
Forte implication des femmes dans le processus de paix
Le président de la République se dit convaincu de l'important rôle des femmes dans le processus de paix.
« Je suis convaincu que les femmes, dans le cadre de la société civile, doivent prendre une place importante dans le processus de paix. C'est la raison pour la quelle je soutiens les initiatives de la Cedeao qui, depuis une dizaine d'années, a avancé une politique de gestion et de prévention des conflits.
Ces actions intègrent les groupes de la société civile dont des associations de femmes, de sages et d'autres segments de la société civile», a-t-il indiqué. Ce faisant, il a réitéré son engagement à oeuvrer auprès des chefs d'Etat de l'Afrique de l'Ouest pour que l'implication des femmes soit plus forte et efficiente dans la gestion des conflits.
Toutefois, le chef de l'Etat a aussi salué, la vivacité de l'Association des juristes du Sénégal (Ajs). « Je salue la vivacité de l'Ajs, mais aussi la qualité des femmes qui sont dans cette association dont certaines ont marqué l'histoire politique du pays. Elles ont tous en commun d'avoir fait montre d'une inébranlable détermination pour faire avancer la cause de leurs consoeurs », a-t-il dit.
Le chef de l'Etat sensible à la situation des femmes du monde rural
Macky Sall a annoncé la volonté du gouvernement d'appuyer et d'améliorer la micro-finance et la création d'entreprises. Ceci pour faciliter l'accès des femmes aux moyens de production économique. En outre, il a déclaré l'adaptation suffisante de fonds pour la crèche communautaire pour la petite enfance.
Le président de la République a fait part de la préoccupation du gouvernement pour l'accès des femmes aux moyens de production économique. « Il nous faut, dans la continuité, mais également avec une efficience, faire adopter un programme dont la finalité est la réalisation des droits économiques du secteur des femmes.
En particulier, je pense à nos femmes du monde rural auxquelles j'accorde une attention particulière. La création du ministère de la Femme, de l'Enfance et de l'Entreprenariat féminin consiste, pour le gouvernement, à permettre l'accès des femmes aux moyens de production économique.
A travers ce ministère, nous avons continué dans une perspective efficiente à améliorer et à appuyer la micro-finance et la création d'entreprises, mais nous accordons une attention particulière aux questions sociales », a-t-il indiqué.
Ce faisant, il a fait comprendre que des initiatives dont les cibles seront des femmes du monde rural vont bénéficier de toute l'attention du gouvernement. Aussi, Macky Sall a annoncé son intention d'adopter un fonds de crèche communautaire pour la petite enfance.
« J'aimerais dire que j'accorde un grand intérêt à la protection de la petite enfance. A cet effet, je demanderai une adaptation suffisante de fonds de crèche communautaire », a déclaré le président de la République.
Toutefois, il n'a pas manqué de saluer la belle initiative des associations de femmes de la Casamance dans leurs actions visant à améliorer les conditions économiques de leurs soeurs.
« J'accueille avec beaucoup de satisfaction les actions des associations féminines de la Casamance visant à améliorer les conditions économiques de nos soeurs vivant dans une zone en proie à la crise. L'amélioration des conditions de vie des populations passe par la résolution tout bonnement de la crise. Mon gouvernement gardera une oreille attentive sur toutes les initiatives menées par les femmes destinées à la prévention de conflit et à la consolidation de la paix», a-t-il soutenu.
A son avis, la relation entre la paix et le développement est très liée, les deux constituent un ensemble, l'un ne peut se passer de l'autre.
Par Ibrahima BA, Source:http://fr.allafrica.com/stories/201211131304.html?viewall=1
